ATR EVO

ATR sélectionné pour diriger le développement d’un avion régional hybride-électrique pour AAM

Il y a plus de solutions que d’obstacles. Nicolas Zart

Je passe en revue une liste d’articles que je n’ai jamais eu le temps de publier. Voici donc, meilleure que jamais, une formidable initiative européenne.

La mobilité aérienne avancée (AAM) ne se limite pas aux aéronefs électriques à décollage et atterrissage verticaux (eVTOL) ou à décollage et atterrissage courts (eSTOL) ; elle concerne également ce que nous appelons les eCTOL, ou avions électriques à décollage et atterrissage conventionnels. Ces avions électriques et hybrides continuent de diversifier le profil des missions de l’AAM. Si les start-ups sont les pionnières des petits eVTOL destinés aux applications urbaines et à courte portée, les équipementiers (OEM) établis sont particulièrement bien placés pour poursuivre le développement d’avions régionaux hybrides-électriques plus grands. Ces avions sont capables de desservir des liaisons plus longues et d’accueillir un plus grand nombre de passagers. La sélection d’ATR par le programme Clean Aviation de l’Union européenne pour diriger le développement d’avions régionaux hybrides-électriques montre à quel point l’Europe est déterminée à participer à la course aux véhicules AAM, et pas seulement aux infrastructures.

ATR se lance dans l’AAM

Si vous avez déjà pris un vol régional en Europe, il y a de fortes chances que vous ayez voyagé à bord d’un ATR. Ces avions régionaux à turbopropulsion, comme l’ATR 72, sont les chevaux de bataille des vols locaux et sont désormais prévus pour servir de démonstrateurs de propulsion hybride-électrique. L’objectif est de faire voler un avion régional hybride-électrique d’ici 2030, dans le but de réduire les émissions de gaz à effet de serre d’au moins 30 % par rapport aux modèles existants. L’intégration de ces avions dans le paysage de l’AAM complète l’écosystème eVTOL et eSTOL en répondant au prochain enjeu opérationnel crucial, le transport régional. Ces avions peuvent accueillir 50 à 100 passagers sur des trajets allant jusqu’à 250 miles nautiques.

L’ampleur et la complexité de l’hybridation d’un avion régional comme l’ATR 72-600 nécessitent le développement d’infrastructures et une expérience opérationnelle. Jusqu’à présent, nous avons vu comment les start-ups excellent dans le développement d’avions légers et innovants pour la mobilité aérienne urbaine (UAM) pour les courts trajets et la mobilité à la demande. Les équipementiers aérospatiaux traditionnels travaillent sur des avions à voilure fixe plus grands, indispensables à la connectivité régionale.

HERACLES et DEMETRA d’ATR

Plus précisément, le programme hybride d’ATR comprend deux projets phares : HERACLES, qui conçoit un concept d’avion hybride-électrique ultra-efficace, et DEMETRA, qui vise à tester en vol de nouvelles technologies de propulsion et d’électrification basées sur un ATR 72-600. Utilisant des batteries et des moteurs thermiques fonctionnant avec des carburants aviation durables, ainsi que les améliorations apportées aux systèmes aéronautiques par ATR et ses principaux partenaires tels que Safran, Collins Aerospace et Pratt & Whitney Canada, cette plateforme sera testée afin d’introduire des itinéraires AAM plus longs avec des charges utiles plus importantes.

Le leadership d’ATR dans le domaine de l’UAM en fait une entreprise idéale pour la prochaine génération d’avions régionaux hybrides-électriques. L’entreprise est idéalement positionnée pour proposer des liaisons court-courrier plus propres, plus silencieuses et plus efficaces, qui contribueront à relancer le développement économique et la mobilité.

Incursion des équipementiers européens dans l’AAM

L’initiative européenne « Clean Aviation » dispose d’un budget de 4,1 milliards d’euros. Elle reflète l’engagement plus large de l’UE en faveur d’une aviation neutre en carbone d’ici 2050, en accord avec le Pacte vert pour l’Europe. Soutenir le développement hybride d’ATR signifie positionner le continent comme un équipementier de mobilité aérienne électrique, des micro-véhicules urbains aux plates-formes régionales plus importantes.

La PDG d’ATR, Nathalie Tarnaud Laude, souligne l’importance stratégique de ce projet en déclarant qu’il s’agit d’un « engagement audacieux visant à démontrer que durabilité et connectivité peuvent aller de pair ».

En parallèle, le concept de nouvelle génération ATR EVO travaille sur un éco-design intégrant des systèmes de propulsion hybrides et des matériaux durables. Il vise une mise en service vers 2035.

En résumé, le développement par ATR d’un avion régional hybride-électrique dans le cadre du programme Clean Aviation représente une étape cruciale pour l’ensemble du secteur de l’AAM. Il confirme que la construction de l’avenir de la mobilité aérienne nécessite une approche à plusieurs niveaux, où l’agilité innovante des start-ups et la profondeur technique des vétérans de l’industrie se conjuguent pour créer un écosystème aéronautique durable pour les décennies à venir.

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